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par Olivier Cor

Directeur agronomie


Les apports en matières organiques, bien qu’essentiels, représentent souvent tout un casse-tête pour les producteurs. Voici donc quatre conseils pour bien évaluer les besoins du sol en matières organiques.

« La notion d’humus, c’est-à-dire la terre formée par la décomposition des végétaux, est encore assez méconnue des agriculteurs, constate l’ingénieur et agronome pour Lallemand Plant Care, Olivier Cor. Certains pensent qu’il y a un bon ou un mauvais taux d’humus, mais la question est beaucoup plus complexe. »

La clé, c’est de fournir régulièrement au sol la bonne quantité de matière organique animale et végétale. Et ça, c’est un art.

Selon l’expert, pour bien nourrir son sol, il ne faut pas se baser sur ses intuitions. Il faut une bonne stratégie.

1 - Évitez ces deux erreurs

Trop d’agriculteurs font des apports massifs de matières organiques, une seule fois tous les trois ou quatre ans. Le mieux, pourtant, est de nourrir son sol régulièrement.

« Il ne faut pas laisser les sols à nu et on doit s’assurer que les parcelles cultivées aient à manger tous les ans. On privilégie donc des apports annuels ou bisannuels, associés à des couverts végétaux en hiver », indique Olivier Cor.

Une autre pratique répandue – mais à éviter – est de calculer la dimension de stockage en fonction de la quantité de fumier produite.

De cette façon, la fosse se retrouve pleine à l’hiver, au moment où le sol a peu de besoins. « Avec ce raisonnement, les apports ont lieu à un moment où le sol a du mal à digérer le fumier », mentionne l’agronome.

2 - Respectez les trois règles d’or

Pour vous assurer d’avoir un apport optimal en matières organiques, vous devriez :

  1. Fertiliser régulièrement : cela permettra au sol de se restructurer plus facilement, notamment en cas de tassement ou de compaction.
  2. Diversifier la nature de la matière organique : le régime alimentaire du sol (comme le nôtre!) doit être équilibré, de manière à éviter les carences et les excès. Autrement dit, il ne faut pas toujours mettre la même matière sur les mêmes parcelles.
  3. Adapter l’apport en matières organiques à la vitesse de fonctionnement du sol : sur un sol imbibé d’eau, par exemple, il faut apporter une matière organique déjà compostée.

3 - Vérifiez si votre sol décompose bien les végétaux

Pour savoir si votre sol a une bonne dynamique d’humification, vous pouvez :

  • Sentir la terre: l’odeur de terre fraîche est bon signe. Au contraire, si ça sent l’œuf pourri ou le soufre, il y a un problème.
  • Vérifier la structure du sol: s’il y a une croûte en surface ou du tassement, c’est que la qualité de l’humus n’est pas au rendez-vous.
  • Marcher son champ régulièrement : vérifiez la vitesse de dégradation des résidus de culture. Vous devriez observer une évolution après trois ou quatre mois. Un petit truc : prenez une photo avant/après et comparez-les.

4 - Interprétez votre analyse de sol

Une analyse de sol réalisée tous les quatre ou cinq ans peut être utile pour compléter le diagnostic annuel, mais encore faut-il savoir l’interpréter.

Olivier Cor recommande d’accorder plus d’importance à l’évolution du rapport C/N plutôt qu’à sa valeur. « Par exemple, s’il augmente, c’est que la dégradation du carbone ne se fait pas correctement. C’est un signe de problèmes en alimentation organique », soutient-il.

Le pH, quant à lui, a une influence sur la vitesse de transformation de la matière organique. « Il faut surveiller que le pH ne descende pas en dessous de 5,8 », conseille le spécialiste.

C’est qu’un sol trop acide entraine une transformation plus lente et incomplète des matières organiques fraîches.

Résultat ? Le cycle du carbone ralentit et les éléments nutritifs disponibles dans le sol diminuent.

L’agronome conseille par ailleurs d’effectuer des analyses de sol uniquement sur les parcelles qui en valent la peine. « Mieux vaut surveiller de près les champs plus performants que de perdre du temps et de l’argent à essayer d’améliorer les quelques parcelles qui ont des problèmes! »

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